BEAUX TEXTES

 

UN SOURIRE

Un sourire ne coûte rien, mais il rapporte beaucoup.

Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne.

Il suffit d'un moment pour esquisser un sourire, mais son souvenir est parfois inoubliable.

Nul n'est si riche ou si puissant qu'il puisse s'en passer et nul n'est si pauvre qu'il ne puisse s'enrichir en le donnant.

Un sourire crée le bonheur au foyer, encourage la bienveillance en affaires et scelle l'amitié.

Il apporte le repos à ceux qui sont fatigués, la joie à ceux qui sont découragés, le soleil à ceux qui sont tristes.

C'est le meilleur antidote de la nature contre les tracas de la vie.

On ne peut l'acheter, l'emprunter ou le voler, car il n'a de valeur que lorsqu'il est donné.

Si vous rencontrez quelqu'un qui ne vous donne pas le sourire que vous méritez, soyez généreux, offrez-lui le vôtre.

Car personne n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en accorder aux autres...

(Frank Irving Fletcher)

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Si je pouvais revivre ma Vie

 J’aurais moins parlé mais écouté davantage. J’aurais invité des amis à venir souper même si le tapis était taché et le divan défraîchi. J’aurais grignoté du maïs soufflé au salon et ne me serais pas souciée de la saleté quand quelqu’un voulait faire un feu dans le foyer.

J’aurais pris le temps d’écouter mon grand-père évoquer sa jeunesse. Je n’aurais jamais insisté pour que les fenêtres de la voiture soient fermées par un beau jour d’été tout simplement parce que mes cheveux venaient justes d’être coiffés. J’aurais fait brûler ma chandelle sculptée en forme de rose au lieu de la laisser fondre d’elle même parce qu’entreposée trop longtemps dans l’armoire. Je me serais assise dans l’herbe avec mes enfants sans me soucier des taches de gazon.

J’aurais moins ri et pleuré en regardant la télé, mais davantage ri et pleuré en regardant la vie. Je serais restée au lit lorsque malade plutôt que de prétendre que la terre cesserait de tourner si je ne travaillais pas cette journée là.

Je n’aurais jamais rien acheté pour la simple raison que c’était pratique, ou encore à l’épreuve des taches ou parce que garanti pour durer toute le vie.

Au lieu de souhaiter la fin de mes neuf mois de grossesse, j’en aurais savouré chacun des instants en réalisant que la merveille grandissant en dedans de moi était la seule chance de ma vie d’aider Dieu à faire un miracle.

Lorsque mes enfants m’embrassaient avec fougue, je n’aurais jamais dit : « plus tard. Maintenant va te laver les mains avant de souper. » Il y aurait eu plus de « je t’aime »…, plus de « je suis désolée »…, mais surtout, si on me donnait une autre chance de revivre ma vie, j’en saisirais chaque minute… la regarderais et la verrais vraiment…, la vivrais… et ne la redonnerais jamais.

Emma Bombeck, décédée d'un cancer

La tombe est un berceau

de Doris Lussier

(Voici comment il envisageait sa propre mort.)


Je n'ai qu'une toute petite foi naturelle, fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète. Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu'à une certitude.


Mais voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison, il m'apparaît irrationnel, absurde, injuste et contradictoire que la vie humaine ne soit qu'un insignifiant passage de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse.


Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l'âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clarté, de si riches espérances et de si douces affections.


Il me parait répugner à la raison de l'homme autant qu'à la providence de Dieu que l'existence ne soit que temporelle et qu'un être humain n'ait pas plus de valeur et d'autre destin qu'un caillou.


J'ai déjà vécu beaucoup plus que la moitié de ma vie; je sais que je suis sur l'autre versant des cimes et que j'ai plus de passé que d'avenir. Alors j'ai sagement apprivoisé l'idée de ma mort. Je l'ai domestiquée et j'en ai fait ma compagne si quotidienne qu'elle ne m'effraie plus…ou presque.


Au contraire, elle va jusqu'à m'inspirer des pensées de joie. On dirait que la mort m'apprend à vivre. Si bien que j'en suis venu à penser que la vraie mort, ce n'est pas mourir, c'est perdre sa raison de vivre. Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles, et de passer de l'autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre. Pas avant.


Mourir, c'est savoir, enfin. Sans l'espérance, non seulement la mort n'a plus de sens, mais la vie non plus n'en a pas.


Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté, c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement. Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence.


La tombe est un berceau. Mourir au monde, c'est naître à l'éternité.


Car la mort n'est que la porte noire qui s'ouvre sur la lumière. La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas. Or notre âme est immortelle. Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort…. C’est l’immortalité.


Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître. Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ? Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?


Et si naître n’est qu’une façon douloureuse d’accéder au bonheur de la vie, pourquoi mourir ne serait-il pas qu’une façon douloureuse de devenir heureux ?


La plus jolie chose que j'ai lue sur la mort, c'est Victor Hugo qui l'a écrite. C'est un admirable chant d'espérance en même temps qu'un poème d'immortalité. "Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme Ouvre le firmament, Et que ce qu'ici bas nous prenons pour le terme Est le commencement."


Doris Lussier


Érudit, écrivain, humoriste québécois, homme engagé socialement, Doris Lussier s'est surtout fait connaître au Québec par son personnage comique du "Père Gédéon" à la télévision. Derrière son large sourire, se cachait un esprit profond et en recherche, un homme de conviction.

 

                                    Invitation de la folie !... à la façon  de Jean de la Fontaine


La Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle.


Tous les invités y allèrent.


Après le café la Folie proposa : On joue à cache-cache ?


- Cache-cache ? C'est quoi, ça ? demanda la Curiosité.


- Cache-cache est un jeu.


Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez. 


Quand j'ai fini de compter je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.

Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.


-1, 2, 3,... la Folie commença à compter.


L'Empressement se cacha le premier, n'importe où.

La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre.

La Joie courut au milieu du jardin. 

La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher. 

L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher.

La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient.


Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à 99.


- CENT ! cria la Folie, je vais commencer à chercher...

La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert.


En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché.


Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité...


Quand ils étaient tous réunis, la Curiosité demanda :


Où est l'Amour ?


Personne ne l'avait vu.


La Folie commença à le chercher.


Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières au pied des rochers.


Mais elle ne trouvait pas l'Amour.


Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, pris un bout de bois et commença à chercher parmi les branches,

lorsque soudain elle entendit un cri:  c'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé un oeil.


La Folie ne savait pas quoi faire.


Elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours.


L'Amour accepta les excuses.


Aujourd'hui, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours.